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Comment reconnaître une fake news?

  • Auteur : Frederic Pailliot
  • Publié : 20/01/2017
Comment reconnaître une fake news?

Fake news, fake news, on parle beaucoup de fake news depuis que les réseaux sociaux, Facebook en tête, se sont fait épingler à cause de la diffusion massive d’infos non-vérifiées, non-contextualisées, non sourcées et surtout conçues pour semer le trouble parmi les lecteurs. Elles sont pourtant simples à démasquer, mais encore faut-il le vouloir, car souvent elles confortent le lecteur dans son opinion.

 

 

Google Image, le B.A BA du debunking d’images

Lorsque l’on reçoit par mail ou sur son mur « virtuel » une image montrant une infection peu ragoutante, un homme politique en habit de naissance en train de se faire masser ou un astronaute français faire un selfie devant une Europe éclairée depuis l’ISS, on est tenté de la prendre pour argent comptant. Mais, force est d’avouer que les images les plus sensationnalistes sont le plus souvent des montages habiles, œuvres d’infographistes maitrisant Photoshop et consorts. Pour connaître l’origine d’une image, il existe un moyen tout simple, qui s’appelle Google Images.

 


Il ne s'agit pas de Bill Clinton en train de se faire masser nu devant la télé, mais une oeuvre de l'artiste Alison Jackson

 

Téléchargez l’image suspectée. Puis, ouvrez dans votre navigateur Google Images. Glissez la photo dans le cadre de recherche et vous obtiendrez une liste de résultats, dont la source vraisemblable du cliché trompeur. Si la recherche d’images n’est pas concluante, n’hésitez pas à continuer la recherche dans l’onglet général pour connaître l’origine de la photo.

Mais nous avons encore plus simple : Si vous utilisez Chrome, faite un clic-droit sur l’image et sélectionnez dans le menu « Recherchez cette image dans Google ».

Solution alternative : Tinyeye.

Ouvrez le site Tinyeye, uploadez une photo, le système va se charger de procéder à une recherche inversée. A vous de vérifier un à un les résultats, qui sont déterminés en fonction des sites où se trouvent l'image.

Visitez les sites des debunkers

Une news vous paraît suspecte ? Il y a de gros risques pour qu’elle soit fausse. Pourtant, il est difficile de le savoir en s’appuyant uniquement sur une intuition et sur ses capacités en investigation. Heureusement, des sites se sont spécialisés dans le debunking ou le fact-checking, comme Hoaxbuster ou Conspiracy Watch, mais aussi les sites anglophones comme Snopes ou ThatsFake. Malheureusement, le rythme est impossible à suivre car démystifier une actu peut prendre plus de temps qu’il n’en faut pour en créer 10. Heureusement, les vertus pédagogiques de la vérification systématique permettent vite de débusquer le vrai du faux, ou du moins de se méfier en permanence des contenus émanant de certaines sources, pour finalement ne conserver que les sites fiables...et s’en méfier.

Mise à jour: Les décodeurs du site Lemonde.fr lancent le service Decodex qui permet de vérifier une news via son url et de contrôler si la source est sujette à caution. Une extension pour Firefox et Chrome existe également.

Ne prenez pas les vidéos pour argent comptant

On partage avec vous une vidéo témoignage ou de surveillance estampillée d’un site d’info qui vous paraît mal produite, trop longue et sans intervention de journalistes ? Il s’agit vraisemblablement d’une fausse vidéo ou d’une vidéo tronquée. Il suffit d’incruster un calque sur n’importe quel témoignage pour lui donner un caractère officiel, et d’englober le tout d’un générique tout ce qu’il y a de pompeux.

Il est aussi impératif de questionner les vidéos non datées, non expliquées et dénonçant un complot. Après l’attentat de Nice, une vidéo a circulé, montrant le chauffeur présumé sortir de la cabine du camion, indemne. Il s’agissait d’un faux, comme l’a prouvé le site du Monde.

Quant aux images tirées de vidéo, on peut également les détourner en utilisant un service comme Break your own News qui saura donner un aspect sérieux à vos photos détournées.

 

 

 

Du Hoax à la Fake News

Autrefois, jadis, il y a longtemps, (quelques années après la création d’Internet donc), les canulars informatiques se mirent à fleurir, d’abord dans les boites mails des internautes, puis sur des pages de discussion ou forum où il était facile de berner le péquin moyen, pas encore habitué aux montages photo, aux détournements et autres, motivé par le désir qu’Internet allait permettre de dévoiler tous les secrets du monde, du plus trivial au plus conspirationniste.

Souvenez-vous, les Bonzai Kitten

Rapidement, les photos de chatons dans des bocaux, de monstres souterrains ou des avis de recherche bidon ont donc été suivis par des montages pornographiques de célébrités, des rumeurs macabres, des contenus racistes et alarmistes et bien entendu par des fameuses preuves d’un complot mondial, de l’existence des extra-terrestres (cachés par le gouvernement), de la véracité des textes religieux et pourquoi pas de la platitude de la terre.

Pourtant, la publication de hoax a pris un tour plus sérieux quand des éditeurs de sites se sont auto-proclamés journalistes et ont lancé des médias très orientés et peu soucieux de la déontologie. Le Hoax s’est transformé de fait en fake news, ou fausse actu, c’est-à-dire une image, un article, un document ou une vidéo, complétement décontextualisée, qui se place idéalement dans la narration voulue par son auteur.

Le plus gros pourvoyeur de fausses infos aux Etats-Unis est le site Infowars, d’Alex Jones, pilier de l’alt-right et propagateur d’idées conspirationnistes, sensationnalistes, confusionnistes et pseudo-scientifiques. Animé par un personnage tonitruant qui maîtrise l’effet Barnum sans afficher la moindre once de conscience, le site a été l’un des moteurs de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, notamment grâce à la diffusion de pièces « à charge » contre les Démocrates et Hillary Clinton en particulier, qui a commis le double crime d’être l’épouse de Bill et une femme…

Les réseaux sociaux, dont Facebook, ont été le vecteur parfait de la propagation des fausses actus, car bien souvent les utilisateurs postent et partagent dans le seul but de conforter leur opinion et celle de son entourage. De plus, le site de Mark Zuckerberg ne procède pas à des vérifications automatiques des contenus publiés et se contente de bannir la nudité de ses pages. Toute intervention de modération sera décidée suite à des signalements ou par détection manuelle.

Sans oublier que les algorithmes de publications de news se fient aux timelines des abonnés. Les géants d’Internet vont devoir trouver une parade, certainement une liste noire, afin d’éviter la propagation d’infos non avérées.

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